La recherche de foncier compensatoire pour la création de mares fait partie des missions régulières de notre opérateur de compensation Dervenn Compensation Ecologique, du fait de la destruction de cet habitat lors des projets d’aménagement. Lorsqu’elles sont en bon état écologique, les mares accueillent en effet une diversité importantes d’espèces (insectes aquatiques, amphibiens, oiseaux, mammifères, mollusques), dont certaines sont protégées par la réglementation. Après avoir mis en œuvre des mesures d’évitement et de réduction de leurs impacts, les porteurs de projet ont l’obligation de compenser leurs impacts pour l’obtention d’une dérogation de l’atteinte à des espèces protégées.
Qu’est-ce qu’une mare ?
Définition
S’il n’existe pas de définition réglementaire d’une mare, il est communément admis qu’une mare est « une étendue d’eau à renouvellement généralement limité, de taille variable pouvant atteindre un maximum de 5000 m². Sa profondeur est assez faible et peut atteindre 2m au maximum. De formation naturelle ou anthropique, une mare est alimentée par les eaux pluviales et parfois phréatiques […]. Elle ne peut pas être alimentée par un cours d’eau ». Sajaloli et Dutilleul, 2001.
Les mares peuvent prendre des formes très variées et sont entourées par une végétation hygrophile adaptée aux conditions du milieux, nécessaire à l’accueil d’une biodiversité spécifique. Permanentes ou temporaires, associées à d’autres habitats, elles peuvent être situées dans divers contextes environnementaux : boisements, prairies, landes, à l’arrière de dunes sur le littoral ou dans des carrières, en bordure de haies, etc. L’ensemble de ces conditions exercent une influence sur les cortèges faunistiques et floristiques qui occupent les mares et leurs berges.
![]() | ![]() |
| Mare creusée dans la plaine alluviale d’un cours d’eau, en contexte boisé | Mare bocagère creusée en contexte prairial |
![]() | ![]() |
| Mares naturelles arrière-dunaires | Mare en contexte de carrière |
Fonctions
Les mares sont les habitats de reproduction de prédilection des amphibiens, passant la majorité de leur vie dans les milieux terrestres mais rejoignant les points d’eau pour pondre leurs œufs ou donner naissance à leurs larves. En fonction des conditions du milieu, les mares n’accueillent pas les mêmes espèces car celles-ci n’ont pas les mêmes exigences pour leur reproduction. Ci-dessous, quelques exemples d’espèces et leurs habitats associés :
| Espèce | Habitat de prédilection |
![]() | Grandes mares permanentes, profondes et ensoleillées, en milieu humide frais et boisé. |
| Crapaud épineux – Bufo spinosus | |
![]() | Petites mares bien ensoleillées et oxygénées avec végétation herbacée, en clairière forestière ou prairie attenante à un boisement |
| Grenouille agile – Rana dalmatina | |
![]() | Mares peu profondes et ombragées, souvent situées dans ou près des forêts |
| Grenouille rousse – Rana temporaria | |
![]() | Mares temporaires peu profondes avec pas ou peu de végétation, et une bonne exposition au soleil, généralement situées dans des biotopes chauds et arides (carrières, dunes, plaines sablonneuses, terrains agricoles) |
| Crapaud calamite – Epidalea calamita | |
![]() | Grandes mares profondes et permanentes avec présence de végétation de berge et plantes émergées (supports de ponte), à proximité de bois, haies ou fourrés. |
| Triton crêté – Triturus cristatus |
Outre leurs intérêts écologiques, les mares jouent différents rôles parmi lesquels le tamponnage des eaux de ruissellement, l’épuration naturelle des eaux, l’abreuvement pour les animaux d’élevage, les réserves d’eau dans la lutte contre les incendies ou encore l’enrichissement du paysage.
Enjeux
Les mares ont historiquement occupé une place importante pour les sociétés humaines, à travers différents usages (domestiques, de loisirs, agricoles, usages liées aux activités artisanales, etc.), et ont parfois été créées involontairement (extraction de matériaux, trous de bombes…). Depuis le début du 20ème siècle, ces milieux ont fortement régressé en raison des évolutions socio-économiques propres à cette période qui ont affaibli leur utilité :
- Le développement urbain et des réseaux d’eau potable ;
- La destruction de l’habitat par les activités humaines ;
- La mécanisation de l’agriculture et l’agrandissement des parcelles agricoles ;
- Le drainage et le remblaiement des zones humides ;
- La pollution des eaux ;
- Le comblement naturel lié à un abandon progressif des mares.
Ainsi, 90% des mares auraient disparu en France depuis le début du 20ème siècle, entre 30 et 50% depuis 1950 selon les sources.
Choix de l’emplacement d’une mare
L’emplacement choisi pour la création d’une mare est crucial pour la réussite de la mesure compensatoire tant du point de vue des fonctionnalités écologiques que de la faisabilité technique de l’opération.
Point de vue écologique
S’agissant des considérations écologiques, les éléments à prendre en compte sont les suivants :
- Tenir compte des usages de la parcelle ciblée : les zones non-cultivées et non-urbanisées sont à privilégier ;
- Prévoir une implantation à proximité de milieux intéressants pour la biodiversité : autres mares, cours d’eau, ripisylves, haies, boisements… avec pour objectif la constitution d’un réseau de mares au sein d’une mosaïque d’habitats diversifiés qui permettra le déplacement des espèces et formera l’habitat terrestre des amphibiens ;
- Tenir compte des éléments de discontinuités, notamment les routes, qui fragmentent le paysage et présentent des risques d’écrasement durant la période de migration prénuptiale.
- Respecter une distance d’au-moins 35m d’un cours d’eau de plus de 7,50m de largeur et d’au-moins 10m pour les autres cours d’eau > ce critère est une obligation réglementaire liée à la Loi sur l’eau afin de déconnecter les mares du réseau hydrographique.
- En fonction de ou des espèces ciblées, l’ensoleillement est à favoriser sur les 2/3 de la mare.
Enfin, il convient de tenir compte des contraintes réglementaires dans le choix de l’emplacement d’une mare en évitant les zones où la présence d’une espèce protégée est avérée.
Point de vue technique
D’un point de vue technique, le terrain sélectionné doit idéalement présenter les caractéristiques suivantes pour que la mare conserve sa fonctionnalité dans le temps :
- Privilégier un point bas pour favoriser la convergence des eaux de ruissellement et assurer l’alimentation en eau de la mare ;
- Etablir la mare sur un terrain plat, présentant des sols argileux et profonds, afin d’anticiper des problèmes d’étanchéité : si le sol n’est pas propice à la rétention de l’eau, il est possible de couvrir le fond de la mare par une couche d’argile ;
- La solution la plus simple et présentant le plus de chance de réussite est la réutilisation de l’emplacement d’une ancienne mare, s’apparentant davantage à une opération de restauration que de création ;
Préconisations pour la création d’une mare
L’office français de la biodiversité (OFB) émet des recommandations générales pour la bonne réalisation d’une mare, qui sont de deux ordres :
Recommandations concernant le format de la mare
- Sur la surface, il est recommandé de privilégier la création de plusieurs mares de faible superficie (200 à 300 m² maximum) plutôt qu’une seule pièce d’eau de grande taille, pour favoriser la connectivité entre elles.
- Sur la forme, il est préférable de créer des mares aux formes hétérogènes, aux berges sinueuses ou courbées pour les grandes mares ; ovales, rondes ou en forme de haricot pour les petites mares.
- Sur la profondeur, une mare doit présenter une profondeur maximale comprise entre 1 et 2m. Celle-ci ne doit toutefois pas être homogène sur la totalité de l’emprise de la mare : les berges exposées au sud peuvent être talutées en pentes douces pour favoriser un gradient d’humidité et la diversité végétale qui en découle, et pour permettre un meilleur accès et échappatoire pour la faune ; les berges exposées au nord peuvent être étagées en paliers pour diversifier les profondeurs et la température de l’eau.
Recommandations concernant les travaux de création de mare
- Les mares sont créées manuellement ou à l’aide d’un engin mécanique, généralement une pelleteuse à chenilles ;
- Privilégier la période septembre-décembre : période peu sensible pour la faune, les sols sont secs et portants, avant les pluies hivernales qui alimenteront la mare nouvellement créée ;
- Les matériaux issus du creusement sont à exporter du site et peuvent être déposés sur une parcelle agricole à proximité, en veillant à éviter les zones humides et s’éloigner des cours d’eau.
- Laisser la végétation se développer naturellement, et ne pas introduire d’espèces exotiques envahissantes ni d’espèces animales.
- Il est par ailleurs possible d’agrémenter le pourtour de la mare en fabriquant des micro-habitats de type hibernacula (amphibiens) ou pierrier (reptiles).
- En contexte agricole, veiller à maintenir une bande tampon d’au-moins 5m autour de la mare, la clôturer si présence de bétail et y ajouter une pompe à museau pour l’abreuvement.
![]() | ![]() |
| Terrassement d’un réseau de mares | Mare récemment créée |
Entretiens et suivis écologiques des mares
L’entretien d’une mare consiste en deux grandes opérations dont la temporalité varie :
L’entretien de la végétation
L’entretien de la végétation, ligneuse notamment, doit avoir pour objectif de maintenir un ensoleillement suffisant de la mare et éviter les dépôts de débris végétaux trop importants. Tous les 5 à 10 ans, il est recommandé de procéder à un élagage des branches qui surplombent la mare.
Le curage de la mare
Le curage de la mare est nécessaire lorsque l’accumulation de vase compromet son fonctionnement. Avec une périodicité de 15 à 20 ans, le retrait des matériaux accumulés doit être réalisé sur la moitié ou les 2/3 de la mare afin de maintenir la vie aquatique, puis déposés aux abords durant quelques jours pour permettre le retour de la faune, avant d’être exportés et régalés sur une parcelle agricole par exemple.
Dans le cadre d’une mesure compensatoire, un suivi écologique est obligatoire pour attester ou non de sa réussite et vérifier l’atteinte de la non-perte nette de biodiversité. Les inventaires se portent généralement à minima sur les amphibiens, les odonates et la flore, avec une périodicité suivant les travaux à N+1, N+3, N+5 et N+10. Si une obligation réelle environnementale (ORE) est conclue entre le porteur de projet et le propriétaire du terrain accueillant la mesure, un suivi de l’ORE est également réalisé annuellement afin de constater la bonne fonctionnalité de la mare au-cours du temps (période en eau, besoin d’entretien, habitats annexes etc.).
Sources
OFB Pays-de-la-Loire, Recommandations pour la création et l’entretien d’une mare – Application dans le cadre d’une mesure compensatoire, Avril 2025
https://www.cdpne.org/sciences-participatives/
https://www.pram-occitanie.fr/Pourquoi-un-PRAM
https://groupemares.org/information-sur-les-mares
| Vous êtes aménageur et souhaitez réaliser des mesures compensatoires sur un territoire ? > Contactez-nous : contact@dervenn.com > Complétez le formulaire sur notre site internet dédié : https://www.compensation-ecologique.com/sites-compensatoires/je-recherche-un-site/ |
| Vous êtes propriétaire et souhaitez valoriser gratuitement votre foncier par la mise en œuvre de travaux de restauration écologique ? > Contactez-nous : contact@dervenn.com > Complétez le formulaire sur notre site internet dédié : https://www.compensation-ecologique.com/sites-compensatoires/je-propose-un-site/ |
N’hésitez pas à nous suivre sur nos réseaux sociaux pour connaître toutes nos actualités : Facebook, LinkedIn et YouTube.










